Où sont les hommes dans la petite enfance ?
Où sont les hommes dans la petite enfance ?
Décembre 2025
Lecture : 2min
Et pourquoi cette question mérite d’être posée
Dans le secteur de la petite enfance, l’égalité femmes-hommes progresse. Pourtant, certains déséquilibres restent profondément ancrés, faisant écho à des inégalités encore bien présentes dans d’autres domaines professionnels.
Il ne s’agit évidemment pas ici de comparer la place des hommes et des femmes dans la société. Les inégalités structurelles persistent et touchent encore majoritairement les femmes. Le propos est ailleurs : interroger la mixité dans un secteur où l’absence quasi totale des hommes continue d’interpeller.
Créer des évidences là où il n’y en a peu
En tant qu’architectes investis dans la petite enfance et l’éducation, nous avons fait un choix simple mais volontaire : intégrer systématiquement des figures masculines dans les visuels de nos projets de lieux d’accueil de jeunes enfants.
Nous ne cherchons ni un geste militant, ni un artifice graphique. C’est une manière, à notre échelle, de créer une évidence dans les mémoires visuelles, de faire évoluer les représentations, et de montrer que la petite enfance est aussi une affaire de mixité.

Un constat de terrain sans appel
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- En France, les hommes représentent entre 1,3 % et 1,5 % des effectifs de la petite enfance tous métiers confondus, et environ 3 % dans les structures collectives (EAJE et maternelles) (Commissariat général à la stratégie et à la prospective)
- Dans de nombreuses crèches, la part des hommes reste comprise entre 2 % et 4 % (Sophie Devineau, professeure en sociologie)
- À l’échelle de l’OCDE, seulement 3 % des enseignants de la petite enfance sont des hommes (OCDE, 2019)
À cela s’ajoute l’expérience de terrain :
Lors des stages que Ghita Bansar, gérante de l'agence, a réalisé dans le cadre de son CAP AEPE, elle n'a eu l'occasion de croiser aucun homme .
Parmi les porteurs de projets que nous accompagnons aujourd’hui : environ 1 % seulement.
Des stéréotypes encore profondément ancrés
Ces déséquilibres s’expliquent par des stéréotypes persistants, partagés de part et d’autre :
les femmes associées aux métiers du soin et de l’accompagnement,
les hommes orientés vers des fonctions perçues comme moins « douces ».
Ils s’expliquent aussi par un volontarisme politique encore discret dans la revalorisation de ces métiers essentiels, pourtant au cœur des enjeux socio-économiques.
Ces chiffres rappellent combien les représentations sociales continuent d’influencer les choix professionnels — bien au-delà des compétences ou des aspirations individuelles.
Architecture et responsabilité sociale
Chez Atelier Bansar, nous continuerons d’œuvrer pour que nos projets reflètent pleinement nos valeurs: inclusion, diversité et mixité réelle.
Parce que l’architecture n’est jamais neutre. Elle raconte des usages, des rôles, des possibles.
Comme l’a très justement écrit Marie Pellerin, Co-fondatrice de Parents on board:
« Comment parvenir à féminiser certains postes si l'inverse nous bouscule ? »
Et maintenant ?
La question s’adresse à chacun d’entre nous.
💬 En tant que parent, gestionnaire ou professionnel,
vous êtes-vous déjà interrogé sur vos propres a priori face à un homme qui postulerait en crèche ou s’occuperait de votre enfant ?
Se poser la question est souvent déjà un premier pas.
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Ghita Bansar
Atelier Bansar - Construire l'espace pour le bien-être des enfants et des professionnels
